pArCe qUe nOu$ nE $oMme$ pA$ ju$Te uN gRouPe d'aDoLe$ceNt aTtaRdé$ qUi guEuLeNt eT mArTyRi$eNt lEuR$ gRaTte$; iL y A uN fOnD à nOtRe deMaRcHe eT uNE voLoNté dE coMmuNiQueR nO$ vaLeuR$, nOtRe e$pRiT eT nOtRe reGaRd $uR lA $oCiéTé.(uN pEu péDaNt mAi$ coMmeNt $'eXpRiMeR???) lEt'$ rOcK aNd d.i.Y oR diE!!
Aujourd'hui, lorsque l'on parle de punk, c'est, pour la plupart des gens, un style de musique
allant de Green Day à Blink-182, en passant par Good Charlotte et Simple Plan, ou encore un style vestimentaire consistant à porter des vêtements cool voir un peu dechirés, avec un badge "punk is
not dead" ou "fuck off". Et quand on leur parle des Sex Pistols ou de Rancid, on a le droit à un "Connais pas" dégoutant. Je ne vais pas ici faire de définition du punk, puisqu'il est tout
bonnement impossible de définir le punk. Je vais juste donner mon point de vue sur ce que fut le punk. Comment il est né.
Avant tout, le punk est un style de vie, une façon de voir et de penser la société, une façon de s'exprimer. Le punk est une contre-culture: il se positionne donc comme opposant à la culture
dominante, il rejette en l'occurence les dogmes capitalistes et religieux, l'etablishment qui fait rage dans nos sociétés modernes ou encore l'autoritarisme. Mais en plus de s'opposer, il propose
une alternative: ceux qui ne se reconnaissent pas dans les codes dominants peuvent se retrouver dans une communauté où, du moins au début, il n'y a aucun code ou règle explicites. Le style
vestimentaire n'intervient qu'après, il sert plus de signe de reconnaissance que de "mode". On se reconnait entre punks, par le nom de groupes affichés sur les vêtements, par la coiffure,
par les lieux fréquentés. Ce style vestimentaire, au départ, n'était pas recherché: on s'habillait avec ce qu'on trouvait, en raccrochant des lambeaux de tissus entre eux avec une épingle à
nourrice, en se dressant les cheveux sur la tête avec des mélanges collants improvisés. Chacun y met de sa personnalité, le "D.I.Y" est revendiqué; c'est en cela que le punk n'est
pas une mode. Il est existentialiste, en mouvement constant.
Mais il est malheureusement récupéré de partout, et on veut le figer dans des codes musicaux et vestimentaires. Tout l'inverse du punk. C'est devenu un produit. Des mugs à l'effigie des Ramones,
un mannequin portant un t-shirt avec la tête de Sid Vicious, des sacs pré-costumisés "punk is not dead". Et bien évidemment, tout ceci à un prix, loin, lui, d'être punk. Comptez 20€ pour un mug
et 45€ pour le sac. Un gamin se croit punk parce qu'il est allé voir Green Day en concert (facilement 40€) et parce qu'il s'est jetté contre ses voisins pendant cinq minutes. Et la plupart de ces
gosses ne sauront jamais ce qu'est vraiment le punk. Seule un petite partie découvrira les scènes locales, avec des groupes de qualité mais qui galèrent dans les bars, qui vont se mettre à
écouter Rancid, le Clash ou Guerilla Poubelle en écoutant le fond et non-plus la forme, en saisissant le message gueulé dans le micro et en le vivant. La grande majorité des autres gamins
deviendra emo ou tecktonik. On a tellement vidé le punk de son âme, l'idéologie, le style de vie, que les jeunes ne s'arrêtent plus qu'à la forme que prend le punk, ou du moins qu'on veut lui
donner.
On peut donc se demander si le punk est toujours vivant. Malgré la chanson des Exploited. Pour moi, la réponse sera mitigée.Le punk existe toujours effectivement: des labels (vraiment) indés
produisent des groupes libres, pour reprendre l'expression des Bérus, ils font vivre une scène underground et font perdurer un mode de vie digne des 70'. Des punks squattent encore et toujours.
Ils créent des groupes dans un objectif non-commercial. Et ils emmerdent la société. Mais à côté de ça, on nous vend un punk soft (désolé pour l'oxymore!), dénué de sens, destiné aux ados
consommateurs et avides de pseudo-rebellion, qui mettent sur leurs vêtements une épingle à nourrice inutile, "pour faire punk". C'est ça le problème: ça "fait punk", mais ce n'est pas punk.
On tue le punk. Peut-être est-il toujours vivant, mais plus pour longtemps.